Remplir ses sessions

Remplir ses sessions

Il y a un tableau que je montre souvent en début de mission. D'un côté : les résultats des enquêtes de satisfaction de l'organisme — 9,2/10, "formateur excellent", "je recommande". De l'autre : le taux de remplissage des sessions — 40 %, 50 %, parfois moins.

Ce tableau crée un silence inconfortable. Parce qu'il révèle quelque chose que personne ne veut nommer : la qualité ne se vend pas toute seule.

Le mythe de "la bonne formation qui trouve son public"

Dans la formation professionnelle, il existe une croyance tenace : si votre formation est vraiment bonne, les gens vont finir par le savoir. Le bouche-à-oreille va faire le travail. Les anciens apprenants vont recommander. Les OPCO vont envoyer du monde.

Ça fonctionne. Parfois. Lentement. Et de moins en moins souvent.

Depuis 2022, le marché a changé de nature. Le budget CPF a été réduit de 33 % entre 2025 et 2026. Le FNE-Formation a été arrêté. Les aides à l'alternance sont en baisse de plus d'un milliard d'euros. Le téléphone ne sonne plus tout seul pour personne — même pour les très bons organismes.

Ce qui remplit les sessions aujourd'hui, ce n'est pas la qualité. C'est la visibilité. Ce sont les mots que vous utilisez pour décrire ce que vous résolvez. C'est la façon dont votre offre apparaît (ou n'apparaît pas) là où vos futurs apprenants cherchent.

Ce que j'observe sur le terrain

En vingt ans dans ce secteur — en tant que directrice d'OF, en tant que consultante — j'ai rencontré des centaines d'organismes. Et j'ai remarqué quelque chose de systématique.

Les OF qui remplissent leurs sessions n'ont pas forcément les meilleures formations. Ils ont les meilleures réponses à trois questions simples :

- Quel problème concret est-ce que je résous ?

- Pour qui exactement ?

- Comment la personne qui a ce problème va-t-elle me trouver ?

La plupart des OF peuvent répondre à la première question (vaguement) et ne savent pas répondre aux deux autres.

Le problème n'est pas pédagogique, il est marketing.

Quand un organisme de formation n'attire pas assez de stagiaires, la première réaction est souvent de retravailler le contenu. Ajouter un module. Remettre à jour les supports. Recruter un meilleur formateur.

Ce n'est pas inutile. Mais ce n'est pas ce qui va changer les taux de remplissage.

Ce qui va changer les taux de remplissage, c'est de travailler la visibilité de l'offre. La façon dont elle est nommée, décrite, positionnée. Les canaux par lesquels elle est diffusée. Le parcours qu'un prospect doit effectuer pour passer de "j'ai un problème" à "je m'inscris".

C'est du marketing. Pas de la publicité — du marketing au sens profond : comprendre son marché, construire une offre lisible, la rendre accessible aux bonnes personnes.

Par où commencer ?

Il y a une question que je pose systématiquement à tout dirigeant d'OF en première rencontre : "Si un de vos anciens apprenants devait recommander votre organisme à un collègue, qu'est-ce qu'il dirait de vous en une phrase ?"

La réponse à cette question — ou l'absence de réponse — en dit plus long sur le problème marketing de l'organisme que n'importe quel audit.

Essayez. Si la phrase que vous imaginez parle de "formations de qualité" ou d'"accompagnement personnalisé", on a du travail à faire ensemble.

Vous voulez savoir où en est votre organisme sur les cinq dimensions du marketing de la formation ? [Faites le diagnostic gratuit →]

LIRE D'AUTRES ARTICLES DE CET AUTEUR

Jane Doe

Estelle Marocco

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua.